Tôt ou tard, toute PME en croissance se retrouve face à la même question : faut-il embaucher quelqu’un pour gérer l’informatique en interne, ou vaut-il mieux confier cette mission à un prestataire d’infogérance ? La question paraît simple, mais la réponse ne l’est pas, car elle dépend autant du budget disponible que de la maturité technologique de l’entreprise, de ses ambitions et de son secteur d’activité. Il n’existe pas de réponse universelle, mais il existe des critères objectifs qui permettent de trancher en connaissance de cause.
Le moment où la question se pose
Dans la plupart des PME, l’informatique a longtemps été gérée de manière informelle : un collaborateur un peu plus à l’aise avec les ordinateurs qui dépanne ses collègues, un prestataire ponctuel appelé en cas de panne, ou un dirigeant qui s’occupe lui-même des sujets techniques entre deux réunions. Ce mode de fonctionnement tient généralement jusqu’à un certain seuil de croissance, puis devient rapidement intenable : les incidents se multiplient, les enjeux de sécurité prennent de l’ampleur, et l’absence d’une vraie stratégie IT commence à freiner l’activité plutôt que de la soutenir.
C’est à ce moment précis que la question du recrutement d’un DSI ou d’un responsable informatique interne se pose sérieusement, en miroir avec l’option de l’infogérance externalisée.
Recruter un DSI interne : ce que cela implique réellement
L’idée de recruter une personne dédiée à l’informatique séduit naturellement de nombreux dirigeants : avoir quelqu’un sur place, disponible, qui connaît l’entreprise de l’intérieur. Mais cette solution comporte plusieurs limites qu’il faut anticiper avant de se lancer.
La première limite est financière. Un DSI ou un administrateur système expérimenté coûte cher : entre le salaire brut, les charges sociales, les avantages, la formation continue et les outils nécessaires à son poste, le coût réel dépasse largement le seul salaire affiché sur l’offre d’emploi. Pour une PME, ce budget représente souvent un engagement fixe et conséquent, là où une infogérance peut s’ajuster plus facilement aux besoins réels.
Vient ensuite une limite moins évidente, mais tout aussi importante : l’étendue des compétences. Un seul collaborateur, même très compétent, ne peut pas être expert simultanément en administration réseau, en cybersécurité, en cloud computing et en gestion des environnements Microsoft 365. Or les besoins d’une PME couvrent justement tous ces domaines à la fois. Le DSI interne devra donc soit se former en continu sur des sujets toujours plus larges, soit s’appuyer lui-même sur des prestataires externes pour les domaines qu’il ne maîtrise pas, ce qui revient à payer deux fois.
La continuité de service pose aussi problème, et c’est souvent le point le plus sous-estimé au moment du recrutement. Que se passe-t-il en cas de congés, de maladie, ou pire, de départ de ce collaborateur clé ? L’entreprise se retrouve alors sans aucune couverture IT le temps de recruter et de former un remplaçant, avec un risque opérationnel et sécuritaire non négligeable pendant cette période de transition.
L’infogérance : une réponse mutualisée aux besoins informatiques
L’infogérance fonctionne sur un principe différent : au lieu de recruter une personne, l’entreprise s’appuie sur une équipe de spécialistes mutualisés entre plusieurs clients. Cette mutualisation change la donne sur plusieurs points essentiels.
Elle donne d’abord accès à un éventail de compétences bien plus large qu’un seul recrutement ne pourrait jamais l’offrir. Au sein d’une équipe d’infogérance, on retrouve généralement des experts réseau, des spécialistes cybersécurité, des techniciens cloud et des consultants Microsoft 365, chacun pointu dans son domaine. La PME bénéficie ainsi d’une expertise complète sans avoir à multiplier les recrutements.
La continuité de service, ensuite, est structurellement assurée. Contrairement à un collaborateur unique, une équipe d’infogérance ne part pas en vacances toute en même temps, ne tombe pas malade collectivement, et ne quitte pas l’entreprise du jour au lendemain. Le contrat garantit une couverture continue, ce qui réduit considérablement le risque opérationnel.
Le modèle financier, de son côté, s’avère généralement plus flexible. Un contrat d’infogérance peut s’ajuster à la croissance de l’entreprise, en ajoutant ou en retirant des services selon les besoins réels, alors qu’un salaire fixe reste un engagement rigide indépendamment de l’évolution de l’activité.
Ce que l’infogérance ne remplace pas toujours
Il serait toutefois trop simple de présenter l’infogérance comme une solution parfaite en toutes circonstances. Certaines entreprises, notamment celles dont l’activité repose entièrement sur la technologie (édition de logiciels, plateformes en ligne, entreprises avec un système d’information très spécifique et complexe), ont besoin d’une personne en interne qui connaît intimement l’architecture métier, capable de faire le pont entre les équipes techniques et les enjeux business au quotidien.
Dans ce cas, le choix le plus pertinent n’est souvent pas « l’un ou l’autre », mais une combinaison des deux : un responsable informatique interne qui pilote la stratégie et fait le lien avec les métiers, appuyé par un prestataire d’infogérance pour les aspects techniques (infrastructure, sécurité, supervision) qu’il serait coûteux et inefficace de gérer seul. Ce modèle hybride se développe de plus en plus chez les PME en forte croissance, qui ont besoin à la fois d’un pilotage stratégique interne et d’une exécution technique externalisée et mutualisée.
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Comparer les coûts réels : un exercice indispensable
Avant de trancher, il est utile de mettre les deux options côte à côte sur la base de coûts réels, et pas seulement de la comparaison brute entre un salaire et un abonnement mensuel.
| Critère | DSI interne | Infogérance externalisée |
|---|---|---|
| Coût mensuel direct | Salaire chargé d’une seule personne | Variable selon le périmètre du contrat |
| Compétences couvertes | Celles du collaborateur recruté | Mutualisées : réseau, sécurité, cloud, systèmes |
| Continuité en cas d’absence | À gérer (congés, maladie, départ) | Assurée par l’équipe du prestataire |
| Flexibilité budgétaire | Engagement fixe | Ajustable selon l’évolution des besoins |
| Connaissance fine du métier | Très forte, acquise dans la durée | Variable, dépend de la qualité de l’accompagnement |
Ce tableau montre bien qu’aucune des deux options n’est universellement supérieure : tout dépend de ce que l’entreprise valorise le plus, entre la maîtrise intime du métier et la largeur de l’expertise technique disponible.
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Les questions à se poser avant de choisir
Plusieurs critères concrets permettent d’orienter la décision dans un sens ou dans l’autre.
La taille de l’entreprise et la complexité de son système d’information pèsent lourd dans la balance : une TPE avec un parc informatique simple n’a généralement pas besoin d’un DSI à temps plein, alors qu’une ETI avec plusieurs sites et des applications métier critiques peut justifier un poste dédié.
Le secteur d’activité compte également. Les entreprises soumises à des exigences réglementaires fortes (santé, finance, secteur public) ont souvent besoin d’une expertise en sécurité que peu de recrutements individuels peuvent couvrir seuls, ce qui plaide en faveur d’un partenariat avec un prestataire spécialisé.
Le budget disponible et sa flexibilité jouent évidemment un rôle déterminant : un engagement salarial fixe ne convient pas à toutes les trésoreries, particulièrement dans des entreprises en croissance dont les besoins évoluent rapidement.
Plus l’activité de l’entreprise repose directement sur sa plateforme technique, plus la présence d’une personne en interne devient précieuse, même si elle s’accompagne d’un partenariat d’infogérance pour les aspects techniques plus généraux. C’est généralement le dernier critère à examiner, mais pas le moins important : il détermine souvent, à lui seul, si un modèle hybride s’impose ou non.
Si vous hésitez encore entre ces deux options, échangez avec nos experts pour évaluer la solution la plus pertinente pour votre PME.
Le modèle hybride : la tendance qui se confirme chez les PME en croissance
De plus en plus de PME en phase de croissance adoptent un modèle intermédiaire, qui combine le meilleur des deux approches plutôt que de choisir radicalement l’une ou l’autre. Cette tendance s’explique facilement : elle permet de garder en interne la connaissance fine du métier et la capacité de décision rapide, tout en s’appuyant sur une infogérance externalisée pour absorber la complexité technique croissante (cybersécurité, infrastructures hybrides, conformité réglementaire) qu’une seule personne ne peut plus suivre seule.
Ce modèle hybride demande toutefois une vraie coordination entre l’équipe interne et le prestataire externe, avec des rôles clairement définis pour éviter les zones grises où personne ne sait qui doit agir en cas d’incident. C’est précisément ce type d’accompagnement qu’un bon partenaire d’infogérance doit savoir mettre en place, en s’adaptant à l’organisation existante plutôt qu’en l’écrasant.
A retenir
Le choix entre recrutement d’un DSI interne et infogérance externalisée ne se résume pas à une question de prix, mais à un arbitrage entre maîtrise intime du métier, largeur de l’expertise technique disponible, et flexibilité budgétaire. Pour la majorité des PME, l’infogérance offre un accès à des compétences plus larges et une continuité de service plus fiable, à un coût souvent plus maîtrisé qu’un recrutement dédié. Mais certaines entreprises, du fait de leur dépendance technologique forte, ont tout intérêt à combiner les deux approches plutôt qu’à les opposer.
Chaque PME a une situation différente, avec ses propres contraintes de budget, de croissance et de criticité technologique. Demandez un audit gratuit de votre situation actuelle pour déterminer objectivement quelle option, ou quelle combinaison des deux, correspond le mieux à vos besoins. Nos équipes peuvent également vous accompagner pour structurer un modèle hybride efficace si c’est la voie qui vous semble la plus pertinente. Contactez-nous pour en discuter sans engagement.

