Quand on évoque le sujet de l’infogérance avec un dirigeant de PME ou un DSI, la première question posée tourne presque toujours autour du même point : combien ça va coûter. Et c’est normal. Avant de signer un contrat qui va structurer l’informatique de l’entreprise pour les trois ou cinq prochaines années, on veut savoir à quoi s’attendre. Le problème, bien souvent est que la plupart des prestataires restent vagues sur leurs tarifs et renvoient systématiquement vers un devis personnalisé, sans donner le moindre ordre de grandeur. Résultat : les entreprises naviguent à l’aveugle et comparent des offres qui n’ont parfois rien à voir entre elles.
Dans cet article Basom Consulting lève le voile sur les vrais chiffres : les modèles de facturation utilisés sur le marché, les éléments qui font varier la facture du simple au triple, et des fourchettes concrètes selon la taille de votre structure.
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Les différents modèles de facturation de l’infogérance
Il n’existe pas un seul mode de tarification en infogérance. Selon le prestataire et la maturité de votre système d’information, vous tomberez sur l’un de ces quatre modèles, parfois combinés entre eux.
Le forfait mensuel par poste ou par utilisateur reste le plus répandu, notamment pour les PME. On paie un montant fixe par collaborateur équipé, qui couvre généralement le support, la supervision et une partie de la maintenance. C’est lisible et facile à budgétiser, mais le périmètre exact varie énormément d’un contrat à l’autre.
Le forfait par équipement géré fonctionne différemment : on compte les serveurs, les postes de travail, les switchs, les pare-feux, et chaque type d’équipement a son propre tarif. Ce modèle convient bien aux infrastructures hétérogènes où le nombre d’utilisateurs ne reflète pas la complexité réelle du parc.
La régie, ou facturation à la demande, repose sur un taux journalier moyen (TJM) appliqué aux interventions réalisées. Pas d’abonnement, on paie ce qu’on consomme. C’est intéressant pour des besoins ponctuels, mais ça devient vite imprévisible si les incidents s’enchaînent, et ça n’inclut presque jamais de supervision proactive.
Le forfait global « tout compris » s’adresse aux structures plus matures qui veulent déléguer l’intégralité de leur SI à un seul prestataire, avec un engagement de résultat plutôt qu’un comptage d’unités. C’est le modèle le plus cher à l’entrée mais souvent le plus rentable sur la durée, car il évite les mauvaises surprises de facturation.
| Modèle | Pour qui | Avantage principal |
|---|---|---|
| Par poste/utilisateur | PME avec parc homogène | Budget prévisible, simple à comprendre |
| Par équipement | Infrastructures techniques complexes | Tarification alignée sur la réalité du parc |
| Régie / TJM | Besoins ponctuels, projets | Pas d’engagement long terme |
| Forfait global | ETI, structures matures | Vision unique, pas de surprise |
Ce qui fait vraiment varier le prix
Deux entreprises de taille comparable peuvent recevoir des devis du simple au double pour un périmètre qui semble identique au premier coup d’œil. Voici ce qui explique ces écarts.
La taille de l’entreprise, d’abord, joue un rôle évident : plus il y a de postes, de serveurs et de sites à couvrir, plus la facture grimpe. Mais ce n’est pas le seul critère, loin de là.
Le niveau de SLA exigé change tout. Un engagement de réponse en 4 heures ouvrées n’a rien à voir, en termes de coût, avec une garantie de disponibilité 99,9 % et une astreinte 24h/24. Plus le SLA est strict, plus le prestataire doit mobiliser de ressources humaines et techniques, et plus le tarif s’en ressent.
Le périmètre du contrat est probablement le facteur le plus sous-estimé par les clients. Une infogérance qui couvre uniquement le réseau n’a pas le même prix qu’un contrat qui ajoute la sécurité (SOC), la gestion de Microsoft 365 et l’hébergement cloud. Beaucoup d’entreprises comparent des devis sans réaliser qu’elles comparent en réalité des paniers de services différents.
La complexité de l’infrastructure entre aussi en jeu : un environnement 100 % cloud se gère différemment d’un parc on-premise vieillissant, et un environnement hybride multi-sites demande encore plus de coordination.
Le niveau de sécurité requis fait grimper la note dès qu’on entre dans des secteurs réglementés. Une entreprise soumise à la directive NIS2, ou qui traite des données sensibles, devra intégrer EDR, MFA, gestion des vulnérabilités et parfois un SOC dédié — autant de briques qui ont un coût propre.
Enfin, l’existence ou non d’une équipe IT interne modifie la nature du contrat : une infogérance totale, qui remplace une équipe technique absente, coûte naturellement plus cher qu’une infogérance complémentaire qui vient renforcer un service informatique déjà en place.
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Combien ça coûte concrètement, selon la taille de votre entreprise
Donnons des chiffres, même approximatifs, plutôt que de se cacher derrière des généralités. Ces montants sont des ordres de grandeur observés sur le marché français pour une infogérance standard (support, supervision, maintenance) ; ils ne tiennent pas compte des options de sécurité avancée ou du cloud, qui s’ajoutent en sus.
Pour une TPE de 1 à 20 postes, comptez généralement entre 50 et 90 euros par poste et par mois, soit un budget mensuel total souvent compris entre 1 000 et 1 800 euros pour une petite structure.
Pour une PME de 20 à 100 postes, le tarif unitaire baisse légèrement grâce à l’effet de volume, autour de 40 à 70 euros par poste et par mois. Le budget mensuel se situe alors le plus souvent entre 1 500 et 7 000 euros selon le périmètre retenu.
Pour une ETI de 100 à 500 postes, les contrats deviennent plus sur mesure et les tarifs unitaires descendent encore, mais la complexité (multi-sites, infrastructures hybrides, exigences réglementaires) peut largement compenser cet effet de volume. Les budgets mensuels observés vont couramment de 8 000 à 30 000 euros et plus.
Ces chiffres restent indicatifs : un audit de votre infrastructure reste le seul moyen d’obtenir un montant précis adapté à votre situation réelle.
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Infogérance partielle ou infogérance totale : quel impact sur le budget
Toutes les entreprises n’ont pas besoin de tout déléguer. Certaines disposent déjà d’une équipe IT compétente sur le quotidien, mais manquent d’expertise sur un point précis : la sécurité, la gestion de Microsoft 365, ou l’administration des serveurs. Dans ce cas, une infogérance ciblée sur une seule brique coûte naturellement moins cher qu’un contrat global, puisqu’elle vient en complément plutôt qu’en remplacement.
À l’inverse, une structure sans service informatique interne aura besoin d’une couverture complète : réseau, systèmes, sécurité, support utilisateur. Le budget s’en trouve mécaniquement plus élevé, mais il remplace alors le coût d’un recrutement, ce qui change complètement la lecture du chiffre.
Embaucher un DSI ou externaliser : la vraie comparaison de coût
C’est souvent à ce stade que les dirigeants hésitent : vaut-il mieux recruter une personne en interne, ou signer un contrat d’infogérance ? La comparaison mérite d’être faite sérieusement, car le salaire brut affiché sur une fiche de poste ne représente qu’une partie du coût réel.
Un administrateur système ou un DSI junior coûte en France, charges comprises, généralement entre 50 000 et 70 000 euros par an, soit environ 4 200 à 5 800 euros par mois. À ce montant s’ajoutent les coûts indirects qu’on oublie trop souvent : formation continue, outils et licences dédiés, remplacement pendant les congés ou les absences, et le risque de turnover qui oblige à recommencer le recrutement.
| Poste de coût | Recrutement interne | Infogérance externalisée |
|---|---|---|
| Coût mensuel direct | 4 200 à 5 800 € (1 personne) | Variable selon périmètre |
| Couverture horaire | Limitée aux horaires de travail | Souvent étendue, parfois 24/7 |
| Champs de compétence | Celui de la personne recrutée | Réseau, sécurité, cloud, systèmes mutualisés |
| Continuité en cas d’absence | À gérer (congés, maladie, départ) | Assurée par l’équipe du prestataire |
L’argument décisif, dans la plupart des cas, n’est pas uniquement le prix mais la diversité des compétences mobilisées. Un seul salarié, même excellent, ne peut pas être expert à la fois en réseau, en cybersécurité, en cloud et en Microsoft 365. Une équipe d’infogérance, elle, mutualise ces expertises et les répartit sur plusieurs clients, ce qu’une PME ne pourrait jamais financer en interne.
Ce qui est généralement inclus dans un contrat d’infogérance (et ce qui ne l’est pas)
Avant de comparer deux devis sur la seule base du montant final, il faut vérifier ce qu’ils couvrent réellement. La plupart des contrats incluent la supervision de l’infrastructure, le support utilisateur (helpdesk), les mises à jour et correctifs de sécurité, ainsi qu’un reporting régulier de l’activité.
En revanche, plusieurs éléments sont fréquemment facturés en option et passent parfois sous le radar lors de la négociation : le matériel et son renouvellement, les licences logicielles tierces, les interventions sur site pour les pannes physiques, et l’astreinte en dehors des heures ouvrées. Un prestataire sérieux détaille systématiquement ces exclusions dans le contrat ; si ce n’est pas le cas, c’est souvent le signe qu’il faut creuser davantage avant de signer.
Comment obtenir un devis fiable et comparer les offres sérieusement
La première étape, avant même de demander un prix, consiste à faire réaliser un audit de votre infrastructure existante. Sans cet état des lieux, aucun prestataire ne peut chiffrer correctement votre besoin, et tout devis basé uniquement sur un échange téléphonique doit être pris avec prudence.
Lorsque vous recevez plusieurs propositions, posez systématiquement les mêmes questions à chaque prestataire : quel est le SLA garanti, quelles sont les heures de couverture, le contrat inclut-il la sécurité ou s’agit-il d’une option, et que se passe-t-il en cas d’incident majeur en dehors des horaires standards.
Enfin, gardez en tête qu’un devis moins cher n’est pas toujours synonyme de meilleure affaire. Le coût d’une cyberattaque évitée, d’une panne résolue en quelques heures plutôt qu’en plusieurs jours, ou d’une migration cloud réussie du premier coup, dépasse largement l’écart de prix entre deux offres concurrentes.
A retenir
Le coût de l’infogérance dépend avant tout du périmètre choisi, du niveau de service exigé et de la taille de votre infrastructure, bien plus que d’un simple tarif au poste. Avant de comparer des chiffres, assurez-vous de comparer des prestations équivalentes. Notre équipe peut réaliser un audit de votre environnement actuel et vous proposer un devis adapté à votre situation réelle, sans engagement.
FAQ
Quel est le prix moyen d’une infogérance par poste ?
Comptez en moyenne entre 40 et 90 euros par poste et par mois pour une infogérance standard, selon la taille de l’entreprise et le niveau de service souscrit.
L’infogérance est-elle rentable pour une PME ?
Dans la majorité des cas, oui : elle permet d’accéder à des compétences variées (réseau, sécurité, cloud) qu’une PME ne pourrait pas financer avec un seul recrutement interne, tout en assurant une continuité de service en cas d’absence ou de départ.
Quelle différence entre infogérance partielle et infogérance totale ?
L’infogérance partielle vient compléter une équipe IT déjà existante sur un domaine précis (sécurité, cloud, M365), tandis que l’infogérance totale remplace l’ensemble de la fonction informatique de l’entreprise.

